V E L U T I L E

Grand   prix   intergalactique   de   vélo   porteur   inventé

Le Grand Prix Intergalactique du Vélo Porteur Inventé est un concours de machins organisé le temps d’un week-end festif.

Construisez votre machin et venez concourir dans la joie et la bonne humeur pour être élu.e.s meilleur.e.s constructeur.ice.s du cosmos !

machin, vélutile : engin à propulsion humaine, dérivé de la bicyclette et destiné à transporter des charges, des personnes, ou les deux à la fois.

ÉDITION 2023

La première édition a eu lieu à Redon et c'était super funky. Voici la liste des constructeurs du cosmos.

*
*
*
*
*
*
*
.
*
*
*
*
*
.
*
*

Antoine

Antoine a toujours utilisé le vélo pour se déplacer. Etonnament, sa rébellion, ado, s‘exprimait par le refus d’un porte-bagage. Mais il aime les vélo utiles : « Les vélos de tous les jours sont sous-utilisés dans leur côté utilitaire. »

C’est une construction spontanée qu’il nous présente ici, fabriquée en arrivant à Redon, grâce à des compétences de bricolage –acquises entre autres dans les ateliers vélo associatifs– et un vieux cadre qui trainait là.

Dans ces ateliers, il y a aussi fabriqué des remorques pour des musicien.nes, et notamment La Véloscène. Il est actif à La Poursuite, un collectif qui porte une réflexion sur la décarbonation du monde du spectacle. Ils y travaillent le mode de venue des festivaliers plus que celui des artistes. (Pour en savoir plus : Non, les ecocup ne sont pas la solution)

Avec cette bicyclette, il souhaite nous faire passer le message que ton vélo du quotidien est peut être déjà sans que tu le saches, un vélo utile. Même si parfois, il le reconnaît, c’est quand même galère. Manier ce vélo encombré suppose aussi des compétences de pilote (l’habitude de manier son vélo, aisance dans la circulation), voire même des talents d’acrobate comme il nous l’a montré avec une réception parfaite lors d’un soleil pour le test de freinage. Son frein avant est très efficace : +1 point !

Pascalin

Pascalin est actif à Plan B, un atelier associatif de vélo et de construction. Mais il est probable que vous l’ayez déjà croisé à la Vélorution Universelle, à la Bike War, à la Ciemmona, au Cyclocamp ou dans d’autres réseaux et assos — vélo mais pas seulement.

Depuis l’adolescence, il bricole dans les ateliers associatifs et a découvert la soudure avec un copain.

Depuis il fabrique, construit, fait rouler, …en gardant une question en tête : « Comment faire avec ce que tu as pour en faire le moins possible ? Utiliser les éléments à disposition sans trop les travailler ni les modifier. »

Pour cela il faut beaucoup de récup', pour avoir une multitude de matériaux à utiliser tels quels ou presque. Il faut aussi prendre le temps de les regarder pour voir où ils pourraient prendre leur place.

C’est aussi une façon de concevoir : ne pas partir de ce qu’on veut construire, mais plutôt de ce qu’on peut construire à partir de ce que l’on a.

Anatole & Marion

Anatole est arrivé tranquillement un matin sur son grand vélo après avoir roulé sa dernière étape en grande partie de nuit, sous la pluie, avec pour éclairage son téléphone. Et tout aussi tranquillement, il nous a annoncé avoir roulé 400 km pour venir au concours avec son vélo.

Pour le concours il a sorti du garage ce vélo construit en 2014, en 2 week end , sans gabarit et en empruntant un MiG (appareil dont il ne s’était jamais servi auparavant). Pour que ça colle au cahier des charges, il y a ajouté les deux barres en bas qui permettent d’avoir une plateforme pour le transport.

Marion, elle, l’appelle le « générateur de sourire » car ils l’ont beaucoup utilisé tous les deux pour se promener dans Paris et ça faisait du bien de voir des parisiens sourire sur leur passage. Ce pouvoir là semble n’avoir pas perdu en force.

Anatole est tombé dans le vélo en achetant un simple cadre de vélo. Cadre qu’il a fallu monter sans connaître la mécanique vélo. Entre temps, il a beaucoup pratiqué le dirt et suivi une formation d’ingénieur mécanique.

Un volontariat en Ouganda chez CoopAfrica inspire ses projets à venir : fabriquer des vélos cargos à partir de matériaux de récup’. Il cherche à être efficace dans la construction même si le résultat n’est pas « esthétique ». « Partir des matériaux existants et disponibles enlève une partie de travail de conception et peut apporter des solutions auxquelles tu n’aurais pas pensé. »

Tifen

Il commence la discussion en rigolant qu’il a un « parcours classique » : une découverte du vélo à l’adolescence, des bricolages dans le garage, (pour construire remorques et vélo couché), un voyage à vélo, un passage par les ateliers vélos associatifs, l’obtention du CQP de mécanicien cycle, beaucoup d’apprentissage en audodidacte (internet et expérimentation) et des formations (soudure TIG) dans le cadre de son travail.

Il a pris confiance et s’est équipé au fur et à mesure : « c’est bien de passer de 3 ferrailles et une serre joint à l’achat de quelques profilés ! ». D’ailleurs il recommande la conception d’outillage comme une super école de la fabrication : car l’outil peut être moche, un peu bancal mais le faire permet de toucher la matière, d’essayer.

C’est en devenant parents qu’il a fallu trouver une solution pour transporter le nouvel arrivé et ainsi est aussi né "le primitif", qui roule ce concours de machins.

Depuis l’enfant a grandi et Tifen a fait évoluer son travail. Miel d’Ours, lancé en 2019, est désormais son activité principale. Dans ces autres constructions, on retrouve son attachement à l’ergonomie et au pratique du quotidien. (d’où le travail sur une béquille solide et pratique).

Dans son atelier de Montauban, il n’y a pas que de la fabrication. Tifen propose aussi des initiations et formation à la soudure et des formations de mécanique vélo.

https://mieldours.fr/

Ronan

Entre autre architecte naval, ce métier lui amène à toucher la 3D, mais aussi la matière (composite, métal) dans des entreprises où le travail n’est pas seulement au bureau mais aussi en atelier. Souder et concevoir sont dans ses cordes ! Mais ce GRAND-cargo est son premier vélo. Il l’a construit après avoir lu l’annonce du concours de machins. L’idée d’être lowtech pour cette première construction a "enlevé la pression de fabriquer un vélo".

Son principal problème pour la construction ? Faire un GRAND vélo dans un espace de 4m² !

Pour la partie « utilitaire » du vélo, il peut s’appuyer sur son expérience ("jamais sportive"!) de cycliste de toujours, qui remplace l’automobile le plus possible.

Sur les photos, vous ne le verrez pas : en béquille, il a confié la conduite de son bolide à un autre constructeur et au public. Belle démonstration que son vélo répond à la ligne du cahier des charges : « le vélo est facilement utilisable par plusieurs personnes » !

Thomas

De retours de voyage en 2013, Thomas, découvre les ateliers vélo associatifs et s’investit à BAPAV (Brest à pied et à vélo). Une chute l’amène au vélo couché. Il passe le CQP cycle et travaille comme mécanicien cycle.

Pendant le CQP, il a l’envie de construire un vélo en bois. Il s’avère que cela demande trop de compétences nouvelles en ébénisterie. Il a déjà une expérience de fabrication de bateaux en bois et en résine : il s’oriente donc vers le bambou pour la fabrication d’un première cadre.

Depuis, il a avancé par étapes en tâchant de maîtriser chaque fois une étape de plus dans la fabrication : premiers vélos réalisés avec un kit. Puis amélioration du gabarit et des techniques de résine. Ensuite il s’est intéressé à la matière première : choisir son approvisionnement en bambou, maitriser le séchage. A la troisième génération de vélo, il a travaillé sur la géométrie. Et maintenant il améliore son procédé d’usinage.

Il ne se considère pas comme autodidacte car il ne se sent pas tout seul : il y a beaucoup d’échanges entre pairs, de l’entraide, des commande communes, ... Ce qu’il aime dans le bambou, c’est qu’il faut peu d’outils spécifiques, le savoir faire est plus facilement transmissible, et l’approvisionnement en matière première peu cher.

Il commercialise ses vélos sous la marque Breizh Bamboo Bike et tient le magasin Les vélos brestois. (Son conseil : « Il faut oser avoir un nom aussi stupide, par contre c’est hyper bien référencé !! ») Parce que fabriquer des cadres à plein temps est difficile économiquement, y accoler une activité de réparation lui permet d’exercer le métier de cadreur au moins une partie du temps et de mutualiser les stocks de pièces nécessaires aux deux activités.

Hugo

Après quelques péripéties ferroviaires, il est arrivé à Redon pour nous présenter le premier vélo de Cosmo Cargo.

Son envie de vélo a surgi d’un vélodrome : y courir 80 km lui a fait réaliser qu’il était a priori capable de pédaler ces distances dehors ! Cycliste du quotidien dès l’adolescence, il passe par les ateliers d’autoréparation où il est encore très investi, et est régulièrement coursier à vélo : il lui plait de trouver des solutions techniques pour le transport d’objets non motorisé parce que « c’est rigolo, créatif et va dans le sens de la diminution de la consommation d'énergie. »

Sa première "formation" de mécanique, c’est dans le garage des parents : suite à un vol de vélo, il faut en monter un nouveau à partir d’un autre, les deux n’ayant évidemment aucun standard compatible. L’amour des mécanismes le mène à des études d’ingéniérie. Après un stage "presque par hasard" chez MILC, il passe de la curiosité à l’envie de construire des vélos.

Il résume : « Les études d’ingénieurs donnent une grosse culture mécanique et scientifique : c’est riche pour s’inspirer, et on y fait beaucoup de conception. Mais c’est peu adapté hors industrie. La philosophie des ateliers vélos pousse à essayer, même si c’est moche et raté. Pour la fabrication de cadres j’ai beaucoup appris en discutant avec d’autres. »

Cosmo Cargo est un projet à deux. Seb a un autre profil et un cursus moins formalisant. La construction de cadres n’est pas leur activité principale, mais ils font en sorte que ça le devienne. C’est un projet qui prend son temps et qui essaye d’inventer ses manières de faire qui soient moins coûteuses, entre le tout à la main et l’industrie. (exemple → rationaliser en ayant un outil pour tout : un tour)

Si se lancer à deux est plus dur économiquement, c’est plus motivant pour échanger des idées et la force de travail est multiplié par 3 plutôt que par deux.

https://cosmocargo.fr/

Léo

Léo est un constructeur avec de nombreuses cordes à son arc : menuisier après l’école, un passage par des études de psychanalyse, un CQP de mécanicien cycle dans la poche, … voilà pour ce qu’on en sait en quelques minutes (surement trop court!)

Il s’est investit dans un atelier (Label vert à Carpentras) et a eu envie de fabriquer un cargo. Fabriqué (à l’électrode enrobée), testé et cassé. Il est parti à la recherche des anciens cadreurs de vélos sur son territoire, ces rencontres ont été décevantes. Il continue alors, beaucoup en autodidacte, avec la furieuse envie de rencontrer et de se former avec d’autres. D’où sa présence ici malgré les kilomètres pour arriver à Redon. Et ça se sent !

Il a un atelier où il réalise différents projets en métal mais pas que. Lié au vélo mais pas que. En lien aussi avec le monde agricole. Il a des projets de ciné-cyclo, ciné-concert, et café-vélo.

À suivre !

Un lien ?

Sacha

Sacha s’est inscrit au concours. Et puis deux semaines avant le jour J, il a été cherché (en cargo non motorisé bien sur, car le Cantal est un pays plat ...) un poste à l’électrode à 30 km de chez lui, et a tiré 50 m de câble pour amener l’électricité jusqu'au local de l'atelier vélo du quartier.

Utilisateur du vélo au quotidien il a découvert les ateliers d’autoréparation (Marseille et ailleurs). La mécanique n’a rien à voir avec ses études. La soudure non plus. Il s’est formé « au fil de l’eau ». Avoir construit des cabanes, fait différents travaux, récupéré une forge et essayé, … permet de faire des parallèles avec d’autres logiques de bricolage et de connaitre déjà certains outils.

Il commence à braser pour fabriquer les remorques et vélo cargo du festival À la Dérive, un festival cyclo tracté et pédalo généré.

Le vélo cargo pliant qu’il propose a subi une avarie le premier jour, mais il a été rapidement réparé. Belle performance pour un cargo soudé à l’électrode en quelques jours et surtout chapeau à son constructeur qui face à chaque casse surprises de sa machine a su trouver rapidement un solution.

Germain

Germain avait peu de temps pour construire un petit vélo qu’il avait en tête : tant pis si ça ne correspondait pas au cahier des charges, sa coloc avait besoin « d’un petit vélo pratique à laisser sans crainte en bas de l’immeuble et que tout le monde peut utiliser pour aller chercher un.e pote à la gare ou trimballer des trucs ».

Mécanicien cycle formé, entre autre, à l'atelier Metz à vélo, il avait fait des incursions à Pont à Mousson pour fabriquer avec François de Cycle itinérance, une fourche cargo. Modèle réussi, puisque répété plusieurs fois ensuite dans le garage.

Le festival A La Dérive aura été l'occasion de fabriquer d'autres modèles de cargo : longtail, longjohn, et remorques de tout format.

Le challenge pour cette construction : peu de temps, un local sans électricité, et l'envie de mieux maitriser le cintrage.

Pierre

Après des années de cirque, Pierre a installé son atelier à Mondoubleau dans le Loir et Cher. Il a participé au Concours de Machines en 2018 (où il gagné le prix du rookie), puis effectué un "compagnonnage" auprès d'artisans cadreurs. Depuis il conçoit et réalise des vélos sur mesure dans son atelier de Mondoubleau. Il a coeur de fabriquer des vélos utiles au quotidien ou pour des voyages au long court. Si vous allez le voir avec un projet de vélo pour rouler le dimanche, il se peut qu'il refuse le projet. Par contre fabriquer des "side bike" pour les anciens de l'Ephad du quartier, ça le botte ! (lien vers le podcast de Camille pour que les gens découvre son travail un peu ?)

Il fallait bien un ancien pro de vélo acrobatique pour concevoir et surtout rouler ce "baleineau" qui demande à se laisser apprivoiser avant de se laisser rouler !

Mathieu

À l'année prochaine !